<451>et de vous prouver au moins par là la dévotion aveugle, c'est-à-dire inexprimable avec laquelle je suis de cœur et d'âme, etc.

SUITE DES ADDITIONS A INSÉRER DANS LA LETTRE DU QUINZE-VINGT, DU 22 MARS 1736.

1o Lorsque le Quinze-Vingt fit partir le premier fragment de ses Additions, il n'avait pas achevé de dire tout ce qu'il avait sur le cœur au sujet du peu de mérite qu'un grand prince s'acquiert en ne faisant pas tout le mal qu'il a le pouvoir de faire. Il lui restait encore de le prouver par un exemple vivant. C'est celui de son héros, ou de sa divinité.

D'où vient que tous ceux auxquels cette divinité veut bien se faire connaître, qui sont attentifs à étudier son caractère, qui ont occasion de lire de ses lettres, d'où vient qu'ils la regardent avec tant d'admiration? Serait-ce parce que son esprit n'est pas sujet à des travers, ou parce que son cœur n'est pas susceptible de ces sentiments inhumains de rudesse, d'orgueil, d'opiniâtreté, d'hypocrisie, ni de mille autres défauts inhumains dont ce siècle vicieux lui fournit tant d'exemples séduisants? Ce serait l'estimer, ce serait l'admirer par des endroits peu rares.

Ce qui lui attire tant de justes éloges, tant d'admirateurs, tant de vœux, ce qui promet à ses sujets futurs un avenir si heureux, c'est cet esprit actif qui ne se contente pas de ne pas haïr les sciences et les vérités utiles, mais qui se plaît à les cultiver, à les approfondir lui-même; c'est ce cœur incomparable qui, non content d'être exempt de vices, s'applique jour et nuit à s'affermir dans le chemin de la vertu, et à se mettre en état d'accomplir dignement ce que Nostradamus a prédit sur son sujet. C'est, en un mot, cette vie active, s'il m'est permis de copier ses expressions, qui non seulement lui fait estimer les vertus partout où elle les trouve, fût-ce parmi les Hyperboréens, mais qui se les approprie, en tâchant de les pratiquer dans ce qu'elles ont de plus parfait.

Le Quinze-Vingt n'en dit rien de trop. Il ne fait qu'exposer l'idée que sa divinité a bien voulu, pour ainsi dire, lui révéler d'elle-même.

2o J'admire sans doute la résignation de Philippe de Comines; mais je ne puis que répéter à son occasion ce que j'ai dit à celle de saint Étienne : une résignation forcée, comme est celle d'un prisonnier, perd en quelque manière la qualité de vertu morale, et dès qu'elle va jusqu'à se résigner à Dieu, et à lui attribuer tout ce qui arrive, elle