<169>C'est donc vous qui donnez à la Suède enchantée
Ce feu divin qu'aux cieux déroba Prométhée!
Votre exemple étonnant porte la fermeté
Jusqu'au sein palpitant de la perplexité;
Ce peuple libre et fier, ma sœur, qui vous admire,
Apprend à soutenir l'honneur de votre empire;
Timide auparavant, encouragé par vous,
Il impose silence à ses voisins jaloux,
aA ce peuple farouche, insolent et barbare,
Qui combat en esclave et s'enfuit en Tartare,
Et dont l'orgueil, enflé d'un succès passager,
Se flattait hautement de l'espoir mensonger
Que sa férocité, qui fit trembler l'Euphrate,
Dompterait le Suédois ainsi que le Sarmate.
Dans les fonds ténébreux de leurs vastes forêts,
Sous un ciel rigoureux et parmi leurs marais,
Vos lâches ennemis, que la fureur possède,
Osaient forger des fers destinés à la Suède;
On voyait dans leurs ports leurs grossiers matelots
Défier à la fois les Suédois et les flots;
Des glaces d'Archangel au Palus Méotide,
Le démon de la guerre au regard homicide
Assemblait vers Vibourg de rustiques guerriers,
Avides de pillage et non pas de lauriers.
Un monstre que l'enfer vomit sur ce rivage,
Que l'implacable haine allaita de sa rage,
bInstruit par la Discorde en cet art criminel


a Les seize vers suivants sont omis dans l'édition in-4 de 1760, p. 227.

b Au lieu des quatorze vers qui suivent, on lit ceux-ci dans l'édition in-4 de 1760, 227 :
     

Qui se plaît dans le trouble à tramer des complots,
Ennemi des humains, de Thémis, du repos,