23. AU MÊME.

Nauen, 11 juin 1738.



Mon cher Camas,

Notre revue s'est, grâce à Dieu, très-bien passée. Le Roi a été content, et son contentement a inspiré la joie à tout le régiment, depuis le cèdre jusqu'à l'hysope, depuis le chef jusqu'au dernier fifre. Enfin je ne souhaiterais rien avec plus d'ardeur que de pouvoir sentir une satisfaction pareille à l'issue d'une bataille et après avoir culbuté les troupes ennemies. J'espère que nous y viendrons, et que je pourrai vous féliciter, et vous me féliciter à votre tour, aux plaines de Düsseldorf, sur ce que nous aurons exécuté d'heureux sous les ordres du Roi. Je vous envoie ci-joint le changement que j'ai fait, après en avoir obtenu la permission du Roi, touchant nos appointés; je vous prie de me dire votre sentiment là-dessus, et de vous servir de votre sincérité ordinaire. Adieu, mon cher Camas; ne m'oubliez point, et soyez persuadé de l'estime parfaite que j'ai pour vous.

Federic.