<407> conduisait au chemin de la gloire.a Il se fait jour partout; les ennemis plient, ils cèdent. Mais, ô douleur! ô honte! ô fatalité affreuse! près de saisir la victoire que nous avions si bien méritée, la grossière police arrive avec tout son cortége impertinent. On entoure mon maître, on le saisit, on le garrotte, et dans ce moment affreux, nous voyant de vainqueurs vaincus, je pense à la retraite. Cent bons coups de bâton fondent sur mes épaules. Sitôt, par la fenêtre, pour abréger le chemin, je cherche une retraite et fuis par le jardin; puis, par une rue détournée poursuivant le convoi, j'ai vu dans la prison conduire votre fils.

BARDUS.

O ciel! est-il possible?

MADAME ARGAN.

Il n'y a que cette madame La Roche qui m'intrigue.

BARDUS.

Faire cet affront à la philosophie!

ARGAN.

Votre fils, monsieur, a fait trop de sottises en un jour.

BARDUS.

Je vais aller confondre et la justice et l'État, et délivrer mon fils.

ARGAN.

Vous en userez comme il vous plaira; mais il faut qu'il renonce à Julie

(Bardus sort.)


a Ce passage paraît être une allusion badine aux paroles que Henri IV prononça à la journée d'Ivry : « Ralliez-vous à mon panache blanc, vous le verrez toujours au chemin de l'honneur et de la gloire. »