6. AU PRINCE DE PRUSSE.

Potsdam, 1er août 1744.



Mon cher frère,

Vous me connaissez bien mal, puisque vous croyez que je ne pense pas à vous; mais ce n'est pas d'aujourd'hui que vous me faites de pareilles injustices, et je remarque de reste que vous n'avez aucune confiance en moi. Si c'était une expédition d'hiver, je vous ménagerais sans doute; mais dans la saison présente, il n'y a aucune raison qui m'oblige à vous laisser en arrière. Vous <88>viendrez donc quand vous le voudrez, et que vous aurez achevé vos affaires auprès du régiment, pour me suivre dans la marche que nous allons faire. Vous priant de me croire avec toute l'estime possible, etc.