<38>d'Olivet, ne doivent pas vous surprendre. Le moyen d'écrire purement en Allemagne, et de ne pas commettre des fautes d'ignorance et contre l'usage, quand je vois tant de poëtes français, domiciliés à Paris, dont les ouvrages en fourmillent! Je remarque de plus qu'il faut avoir un bon critique qui vous fasse observer les fautes que l'amour-propre nous voile, qui marque les endroits faibles et défectueux. Je vois assez bien les négligences des autres, et, dans la composition, je demeure aveugle sur les miennes. Voilà comme les hommes sont faits.

Votre nouvelle strophe de cette funeste ode est belle. Je passerais les petites bagatelles qui vous arrêtent. Ne dites pas que Marsyas juge Apollon, si je m'escrime avec vous de poésie.

Au lieu de du sort soutint les coups, on peut mettre affronta les coups; et, au lieu de venir son heure fatale, approcher l'heure fatale.

J'avoue que son heure fatale vaut mieux que l'heure fatale; c'est à vous d'en juger.

Pour l'ode en général, elle est très-belle. Voici les difficultés qu'un ignorant vous propose. Vous le confondrez peut-être, fondé sur l'autorité des d'Olivet, des Quarante, et de toute la république.

Quand la mort, qu'ils ont bravée,
Dans cette foule abreuvée
Du sang qu'ils ont répandu, etc.

Dans cette foule abreuvée, amphibologique; est-ce la mort ou la foule qui est abreuvée? J'entends bien votre idée; mais un grand poëte comme vous ne doit point avoir recours à un commentaire pour expliquer sa pensée.

Ve strophe. Je fus battu à Hochkirch, le moment que ma digne sœur expirait.

VIe strophe, admirable; VIIe, VIIIe, excellentes; IXe, de même. La dernière partie de la Xe ne répond pas au commencement.

La stupide ignorance, les Midas, les Homère, les Zoïle sont étrangers au sujet de l'ode, et ne servent là que de remplissage. Il s'agit de ma sœur, et non d'Homère ni de Zoïle.

Strophe XIe, bonne; XIIe, qui font des cours les plus belles, infâme cheville. Le sens finit, qui font des cours; les plus belles