18. AU COMTE DE SCHAUMBOURG-LIPPE.

Berlin, 17 mars 1740.



Mon cher comte,

Votre ami n'est pas mort, ni ne périclite en aucune façon, car ma petite fièvre et mes infirmités, tant périodiques que nouvelles, m'ont très-poliment abandonné. Le beau temps et l'exercice que je me donne font sur mon tempérament tout l'effet que j'en pouvais attendre, et je me flatte que le reste viendra encore, plus que nous avancerons vers la belle saison.

Je vous parle de moi-même, puisque vous le voulez absolument, car soyez persuadé que d'ailleurs je sens plus que personne la vanité qu'il y aurait de vouloir trancher de l'important, et de croire que la perte d'un individu comme moi pourrait déranger en quoi que ce soit l'ordre de la nature, et porter quelque altération à la tranquillité de l'univers.

C'était à moi de vous faire ressouvenir de votre absence, et c'est à vous de la finir. Ce ne sera jamais aussitôt que je le souhaite, et je me persuade que, sur ce sujet, vous pourrez me trouver très-impatient, pourvu que vous ne me trouviez pas importun.

<221>Adieu, mon cher comte; ne doutez jamais des sentiments d'estime et d'amitié avec lesquels je suis inviolablement

Votre parfaitement affectionné ami,
Federic.