<3>Jamais objets plus importants n'ont été traités dans cette chaire. Il est un jour où toutes les actions des hommes seront découvertes; il est un jour où toutes les actions des hommes seront jugées; il est un jour où l'homme, de quelque qualité qu'il soit, quelque rang qu'il ait tenu dans le monde, sera dépouillé de tous ces dehors imposants, où le crédit de ses amis, l'appui de sa puissance, la considération de sa haute fortune, le prestige et l'illusion d'une voix éloquente, où rien ne le pourra soustraire à la main toute-puissante de son Créateur et de son législateur; où les peines et les récompenses seront distribuées, non selon un caprice bizarre, non selon la faveur aveugle, mais selon les actions bonnes ou mauvaises; où la vertu malheureuse et persécutée dans le monde sera récompensée; où le vice triomphant et insultant l'innocence dans sa vaine prospérité sera puni à son tour, et éprouvera les justes châtiments de ses crimes.

Admirez, ô chrétiens! la sagesse infinie de votre Créateur. Notre vie, ce passage court et limité que le temps emporte dans sa course légère, notre vie, dis-je, n'est qu'un temps d'épreuve; c'est le noviciat de l'éternité. Notre vie est courte, pour que notre constance ne se lasse point dans la pratique des vertus; notre vie est courte, pour que nous n'enviions point la prospérité des méchants; notre vie est courte, pour que notre espérance soit plus tôt remplie, et que, pour parler avec saint Paul, notre désir soit plus tôt accompli d'être délivrés de ce corps mortela pour être joints à notre Dieu sauveur. Mais que cette vie est longue pour ceux qui abusent du temps de clémence, et qui n'entendent point cette voix qui disait au peuple d'Israël : « Jérusalem, Jérusalem, combien de fois t'ai-je appelée! combien de fois ai-je voulu te rassembler comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailerons! Mais tu n'as pas voulu entendre ma voix. »a Que ce passage est long pour ceux dont toute la vie n'est qu'un péché! Où serait, mes frères, la justice divine, si les froides atteintes de la mort, rendant aux éléments les premiers principes dont notre corps est composé, détruisaient l'homme en entier; si cet


a Épître aux Romains, chap. VII, v. 24.

a Saint Matthieu, chap. XXIII, v. 37.