230. A LA MÊME.

Le 3 juillet 1751.



Ma très-chère sœur,

Nous célébrons aujourd'hui votre fête de bon cœur. Je date l'époque de mon bonheur de l'heureux jour qui vous a vue naître. Je ne vous<228> répète point les vœux que je fais pour votre prospérité et votre conservation; ils vous sont bien connus; je ne fais que les continuer. Je confonds vos intérêts avec les miens; dans votre santé je crois voir ma vigueur, dans votre prospérité mon contentement; même votre amitié me retrace tout ce que mon cœur me dit pour vous. Je me souviens d'avoir entendu dire, l'automne passé, que vous souhaitiez du bois de cèdre pour faire un cabinet à l'Ermitage. J'ai trouvé de ce bois, et je prends la liberté de vous en offrir. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il est du Liban, et que défunt le roi Hiram1_228-a n'en eut pas de plus beau.

Daignez ajouter foi à la tendresse des sentiments et à la parfaite estime avec laquelle je suis à jamais, ma très-chère sœur, etc.

Mille compliments, je vous supplie, au Margrave.


1_228-a II Samuel, chap. V, v. 11.