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279. A LA MÊME.

Le 22 (septembre) 1754.



Ma très-chère sœur,

Je suis charmé d'apprendre que votre nouvelle attaque de crampes s'est heureusement passée. Je suis ravi de l'idée qui est venue au Margrave de vous faire passer l'hiver à Montpellier. Je voudrais vous y porter sur mes mains, ma chère sœur, pour que vous y trouviez votre rétablissement. Selon toutes les apparences, la douceur du climat vous sera favorable, et ce sera un hiver de gagné dans un moment critique de votre santé qui décidera de beaucoup pour la suite. J'espère que vous voudrez bien me dire comment, par où et sous quelle adresse vous voulez que je vous adresse mes lettres; car il serait trop douloureux pour mon amitié de passer un hiver sans vous écrire. Je vous rends mille grâces de vos obligeantes attentions touchant ce que vous m'écrivez du jeune Treskow;a je n'en dis pas davantage. Voilà le prince d'Ansbach qui se marie; je crois et son voyage de Bohême et ses noces l'effet des intrigues du vieux Seckendorff. Je ne crois pas que la mère sera contente de tout ce nouvel arrangement. Je vous embrasse mille fois, ma charmante sœur; je vous avoue que je suis un peu fatigué du voyage; cependant aucune occupation après mon retour n'aurait pu m'être plus agréable que celle de vous assurer de la vive tendresse et de la haute estime avec laquelle je suis à jamais, ma très-chère sœur, etc.

Daignez embrasser le Margrave de ma part.


a La princesse Wilhelmine avait écrit à Frédéric, le 13 septembre : « Le jeune Plotho, que le Margrave avait envoyé au camp de Prague, est de retour depuis deux jours; il est occupé à former une relation exacte de tout ce qu'il a vu et de l'état des troupes, que j'aurai l'honneur de vous envoyer avec le plan des manœuvres .... »