<360> domine. On ne ramène pas ces têtes chaudes; ils mettent de l'honneur à délirer, et l'innocence demeure opprimée. Le vieux parlement, rebelle à celui qui l'a réintégré, sera-t-il souple à la raison pure, agissant d'ailleurs d'une manière si opposée à ses devoirs et à ses véritables intérêts?

Mais qui pensera à d'Étallonde, quand il s'agit de remettre en vogue le pourpoint de Henri IV? Il faut changer sa garde-robe, faire emplette d'étoffes, et employer l'habileté des tailleurs pour être à la mode. Cet objet est bien plus important que celui d'un procès jugé. Hors quelques parents, toute la France ignore qu'un citoyen, nommé d'Étallonde, s'est échappé aux punitions injustes et cruelles qu'on lui avait infligées, et qui n'étaient point proportionnées au délit, qui n'était proprement qu'une polissonnerie.

Je salue le Patriarche de Ferney; je lui souhaite longue vie. J'ai lu sa nouvelle tragédie, qui n'est point mauvaise du tout. Je hasarderais quelques petites remarques d'un ignorant; mais ne pouvant pas dire comme le Corrége : Son pittor anche io! je garde le silence, en vous priant de ne point oublier le Philosophe de Sans-Souci. Vale.

512. AU MÊME.

Potsdam, 2 mars 1775.a

Le baron de Pöllnitz n'est pas le seul octogénaire qui vive ici, et qui se porte bien : il y a le vieux Le Cointe,b dont peut-être vous vous


a Le 1er mars 1775. (Variante des Œuvres posthumes, t. IX, p. 264.)

b Thomas Le Cointe, né à Dieppe en Normandie, en 1682, fut nommé pasteur de l'Église française de Potsdam en 1723, et y mourut le 7 décembre 1776, âgé de quatre-vingt-treize ans moins cinq jours.