<399>rance de jamais revoir V. M., m'avait laissé une telle faiblesse, que ce n'est pas sans risque que j'ai entrepris un si long voyage. Mais rien n'étant capable de modérer mon impatience, j'ai eu recours à la douce et flatteuse espérance de me voir bientôt aux pieds de V. M., pour m'aider à supporter patiemment toutes les souffrances et toutes les fatigues que j'ai eu à essuyer pendant ce long trajet.

Ma faiblesse ne me permettant point encore de me présenter à la cour, j'ai pris le parti d'écrire au Roi, qui m'en a gracieusement dispensé. J'ai donc fait hier mon rapport par écrit, et n'attends plus que ma démission, que l'on va m'expédier, pour aller me jeter aux pieds de V. M. aussitôt que mes forces me le permettront. Mon médecin, qui me fait prendre des bouillons, me donne l'espérance de les recouvrer bientôt. Cependant, loin de remarquer jusqu'à présent quelque changement en mieux, il me semble au contraire que mon état empire chaque jour. Il faudra une heureuse crise pour me relever de cette fâcheuse maladie. La seule consolation qui me reste dans mes souffrances est de me sentir si près de V. M. et de me voir bientôt, si le ciel trouve bon de prolonger ma vie, maître de l'aller mettre à ses pieds et de la conjurer d'en agréer l'offrande comme le seul hommage capable de lui faire connaître dignement la tendre vénération et le parfait dévouement de

Son fidèle
Diaphane.

112. DU MÊME.

Varsovie, 5 octobre 1740.



Sire,

Encore que la faiblesse que me devait procurer ma cure de lait soit sur son déclin, et que mes forces reviennent sensiblement, je n'ai pourtant pas été en état encore de me produire ici, et suis obligé de profiter de la permission que la cour m'a accordée de