<394>ne faudra pas moins que la gracieuse assurance que V. M. vient de me donner, qu'elle va me regarder désormais comme lui appartenant, pour soutenir ma patience et mes forces. Pour ce qui est du comment et du pied sur lequel je serai, je n'ai absolument rien à dire là-dessus. Il me suffira d'être à vous, Sire, le reste ne me regarde point; trop heureux et trop content de savoir qu'un grand roi daigne me confirmer les sentiments aussi gracieux qu'inestimables dont il m'honorait comme prince royal, et de voir qu'il daigne agréer mes respectueux et tendres hommages, et ajouter foi à la sincérité du désir que j'ose lui témoigner de me retrouver à ses pieds et d'y finir mes jours en m'efforçant de lui prouver le zélé et respectueux attachement avec lequel je veux être jusqu'au dernier instant de ma vie, etc.

104. A M. DE SUHM.

Trakehnen,a en Prusse, 15 juillet 1740.



Mon cher Diaphane,

Je puis donc à présent vous regarder comme étant véritablement à moi. Charmé de vous posséder et de jouir de votre aimable compagnie, je serai votre homme d'affaires à Berlin, et, au cas que je n'ajuste pas vos petits arrangements selon vos souhaits, il ne dépendra que de vous de dire ce qu'il vous faut.

Amenez Euler, si vous le pouvez. On lui donnera mille écus de pension ou douze cents. Quant à la petite affaire de trois ans, je vous prie de me dire comment et de quelle manière je pourrai m'en acquitter-Adieu, mon aimable Diaphane; je savoure déjà d'avance le plaisir de vous embrasser et de vous assurer que je suis tout à vous.

Federic.


a Voyez ci -dessus, p. 180, 260, 261 et 410.