<55> de méchantes gens qui veulent vous donner mauvaise opinion de nous autres, et qui veulent donner lieu à vous refroidir envers ceux qui vous aiment le plus. Je vous supplie, n'ajoutez plus foi à ce que ces malheureux vous mandent, et donnez commission à d'honnêtes gens de vous écrire ce qu'il y a de nouveau ici.

Je regrette fort le voyage que vous faites à Erlangen, puisqu'il me privera du plaisir de recevoir de vos nouvelles. La satisfaction que vous aurez d'être à Erlangen m'en console. Continuez-moi toujours votre précieuse amitié, et croyez-moi avec un attachement et une estime inviolable, ma très-chère sœur, etc.

47. A LA MÊME.

Ruppin, 1er mai 1737.



MA TRÈS-CHÈRE SœUR,

Vous n'êtes pas la seule, ma très-chère sœur, qui ayez été ennuyée par les sermons de Pâques; j'ai assisté à la prononciation de dix ou douze qui se sont faits à Potsdam. A la vérité, je n'ai pas été aussi attentif que vous, et s'il devait m'en coûter la vie, je ne saurais vous faire le rapport de ce qu'ils ont contenu. Les ministres sont payés pour prêcher le public une heure ou deux tous les dimanches, et dès qu'ils remplissent ce temps, au risque de se rendre pulmoniques, ils croient avoir satisfait à leur devoir. Pour moi, je n'incommode pas autrement ces messieurs; je sais tout ce qu'ils ont à me dire, et je crois qu'on peut être vertueux sans leur assistance.

Nous exerçons ici tous les jours; les revues seront tardives; on dit que nous n'entrerons pas à Berlin avant le 10 du mois prochain.