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95. AU BARON DE L. M. FOUQUÉ.

Le 22 décembre 1768.

Mon cher ami, voici une petite marque de souvenir que je vous envoie. L'usage est que les familles se fassent des présents à la Noël, et je vous traite comme de la famille, tant en qualité d'honnête et preux chevalier sans peur et sans reproche qu'en qualité de mon ancien ami.

Ayez bien soin de votre santé, pour que je conserve mon bon et vieil ami le plus longtemps possible, et que j'aie encore souvent le plaisir de vous assurer de vive voix de toute l'étendue de ma tendresse et de mon estime.

96. DU BARON DE L. M. FOUQUÉ.

Brandebourg, 24 décembre 1768.



Sire,

Il s'en faut de beaucoup que mes enfants aient ressenti à leurs étrennes la joie que j'ai eue à la réception des vôtres et du gracieux souvenir dont il vous a plu de m'honorer. Que ne puis-je reconnaître dignement tant de bontés! Je ne le puis qu'en idée et par des vœux qui sont d'autant plus sincères, qu'ils partent de cœur et d'affection. Je ne parle plus à me faire entendre, et je perds l'ouïe. Je cherche à Berlin un petit cornet pour suppléer, s'il est possible, à ce défaut, tel que madame Rocoulle en a eu, sans le pouvoir trouver. Je suis, etc.