<19> chemin. Cependant elle sait que vous et sa fille se portent bien. Elle se distinguait par-dessus toutes les dames qui formaient la cour, et quoiqu'il y eût une foule de princesses qui la surpassaient en magnificence, je vous assure quelle effaçait tout cela par sa beauté, son air majestueux, son port, et enfin par toutes ses manières. J'étais alors un vrai Tantale, toujours tenté de parler à une si divine personne, et néanmoins toujours obligé de me taire. Enfin sa beauté a triomphé de toutes celles qui s'étaient assemblées du nord et de l'ouest; et tous ceux de la cour, d'une voix unanime, ont avoué que madame de Wreech emportait le prix de la beauté, de l'air, des manières, etc. Je crois que tout ceci vous doit flatter agréablement, parce que cette aimable personne vous appartient de si près. Mais, madame, je vous assure que vous ne pouvez y prendre plus de part que moi, qui aime tout ce qui appartient à cette charmante famille, et qui suis et serai toujours, madame,

Votre parfait ami, neveu et serviteur,
Frideric.

8. A MADAME DE WREECH.

Cüstrin, 10 février 1732.



Madame ma très-chère cousine,

Je serais bien ingrat, si je ne vous témoignais ma reconnaissance de la peine que vous avez prise de venir à Tamsel, et je devrais bien vous remercier encore pour les charmants vers que vous avez eu la bonté de me faire. J'aurais cru faire un péché, si, me dérobant un moment de votre aimable entretien, je l'eusse employé à lire vos vers. Hier au soir, solitaire, j'eus le plaisir de les admirer à mon aise et sans être empêché de rien au monde. M'en voilà, madame, aux re-